Psychothérapie

Un traitement adéquat de la dépression doit toujours comprendre une psychothérapie. Le traitement doit être adapté au profil émotionnel individuel du patient, avec pour objectif une nouvelle gestion du stress, une correction de la dévalorisation personnelle et l’assimilation des événements stressant personnels. Parmi les offres psychothérapeutiques, la thérapie comportementale et la thérapie interpersonnelle sont les mieux documentées à l’heure actuelle quant à leur efficacité. Elles réduisent en outre le risque de rechute à long terme et sont utilisées avec succès tant dans le domaine ambulatoire que dans les hôpitaux. Ces thérapies modernes centrent sur la recherche de solutions et la mobilisation des ressources et non uniquement sur la recherche d’anciens conflits et des causes en se concentrant sur les déficits.

La pensée, les émotions et les actions s’influencent sans cesse mutuellement en nous et agit sur nos fonctions physiques. Ainsi, une humeur dépressive est renforcée p. ex. par des pensées négatives (cf. illustration 8, p. 36). Le retrait social, qui est bien souvent la conséquence logique du mal-être, renforce pour sa part les pensées désagréables et l’humeur dépressive. Tout cela engendre un stress supplémentaire, renforçant encore plus ce cercle vicieux dans lequel sont prisonniers les personnes dépressives. La psychothérapie offre des approches pour rompre ce cercle vicieux. Il est généralement important de commencer, avec le soutien thérapeutique, des activités pouvant améliorer l’humeur, car pendant la dépression, on n’en est plus capable tout seul. Il est tout aussi important de comprendre comment la dépression déclenche certains sentiments négatifs ou certaines pensées désagréables presque automatiquement. La pensée dépressive est typiquement simpliste et déformée négativement, la dépression obligeant à tout voir à travers des lunettes noires. La psychothérapie aide à enlever.

Thérapie comportementale
La thérapie comportementale part du principe que notre pensée détermine nos émotions et notre comportement. On entend par «comportement » non seulement les activités visibles mais aussi des émotions, des pensées et des processus physiques intérieurs. Chaque individu a, au cours de sa vie, appris, par son expérience personnelle et par mimétisme, des comportements, attitudes et réactions émotionnelles typiques. Toute une série de schémas de comportement et de pensées mènent, de concours avec des situations de surcharge et le stress chronique à une dépression. Pendant la thérapie, les comportements, les schémas de pensées et les attitudes problématiques sont abordés concrètement. Grâce à la thérapie, la personne touchée doit pouvoir changer ses schémas de comportement, généralement coutumiers et inconscients, entravant son bien-être et permettant à la dépression de persévérer. Le patient dépressif a une image de lui-même particulièrement négative: il se juge plein d’erreurs, médiocre, sans valeur et indésirable. Ces pensées l’amènent même à penser qu’il ne possède aucun trait de caractère nécessaire pour être heureux. Il a en outre tendance à se sous-estimer et à se critiquer violemment. Toute expérience faite est en principe interprétée de façon totalement négative. Le patient ressent subjectivement que les déceptions et les échecs, et que l’avenir n’apportera rien de bon. Un changement de la situation actuelle, jugée comme très négative, semble exclu. La thérapie comportementale s’attaque tant aux schémas de pensées négatifs qu’au comportement. Un changement de comportement, par exemple reprendre une activité plaisante et des activités sociales, amène lentement des émotions positives et de nouvelles expériences. Celles-ci apporteront de nouvelles pensées et inversement. Un des objectifs de la thérapie comportementale consiste en l’acquisition de facultés pour nouer et soigner des relations sociales et pour gérer ses émotions. Un autre objectif peut être l’encouragement de l’assimilation d’événements négatifs anciens, la gestion de crises actuelles ou de situations difficiles. L’apprentissage de facultés permettant de construire sa vie de façon plus positive et plus satisfaisante par exemple à l’aide de «exercices d’euthymie» ou en prenant soin de soi-même fait également partie des objectifs de la thérapie.

La gestion du stress est un autre pilier important de la psychothérapie. Le stress personnel et les surcharges doivent être identifiées et ensuite influencées. Un encadrement thérapeutique individuel est nécessaire pour ce faire. La maîtrise du stress contient des éléments actifs et passifs. Le thérapeute aide et conseil le patient lors de l’élaboration du portfolio personnel.

Thérapie interpersonnelle (TIP)
La thérapie interpersonnelle est spécialement conçue pour le traitement de la dépression. Elle part du principe que les relations interpersonnelles ont une grande influence sur l’apparition d’une dépression et concentre le travail thérapeutique sur les relations ici et maintenant. Elle part du principe que les expériences faites auparavant dans le domaine interpersonnel et psychique se reflètent dans le comportement actuel du patient. Ainsi, des événements pesants (tels que la mort d’une personne proche ou la séparation dans un couple) de même que des situations difficiles (telles que le mobbing au travail, le chômage, la retraite ou des disputes quotidiennes avec des parents) peuvent déclencher des symptômes dépressifs. Chez certains, des problèmes de couple ou familiaux sont au premier plan, chez d’autres l’assimilation de pertes (travail de deuil) ou la gestion d’un passage entre deux rôles sociaux définis (p. ex. lorsque les enfants quittent la maison ou lors de la retraite). À l’inverse, la dépression peut causer des problèmes interpersonnels. L’objectif de la thérapie est de soulager les symptômes dépressifs et d’améliorer les relations interpersonnelles dans la vie privée et/ou professionnelle. Le travail ciblera par exemple sur l’amélioration de la façon de communiquer, au développement de stratégies pour résoudre de nouveaux problèmes ou à la gestion de situations de stress relationnel. La thérapie interpersonnelle aide en outre à prévenir les rechutes.

Dans certains cas, le recours à la psychothérapie psychanalytique peut s’avérer utile. Dans ce type de thérapie, on attache beaucoup d’importance au développement enfantin: la psychanalyse part du principe que les premières années de la vie laissent des traces dans le psychisme. La thérapie veut dévoiler les conflits cachés ou refoulés du patient et les analyser.

La thérapie systémique (familiale) cible sur le groupe (= le système) dans lequel le patient vit. Ce système peut être un couple, une famille, un cercle d’amis ou une équipe professionnelle. Cette forme de thérapie considère que le patient n’est en fait que le «porteur du symptôme» et que les origines du problème doivent se chercher dans le système global, puis être résolues dans ce cadre également. Comme pour la thérapie interpersonnelle, l’accent est mis sur le relationnel et sur les aspects sociaux. Une thérapie systémique peut avoir lieu en groupe, par exemple avec toute la famille.